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Culture Minimalisme

Minimalisme et culte de l’objet

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’un des travers du minimalisme : le culte de l’objet. Moins on possède d’affaires, plus on doit faire des choix lorsqu’il s’agit d’acheter de nouveaux produits. Et cela peut se transformer en un véritable mode de vie « matérialiste » si vous êtes addicts à la consommation… Pour ne pas sombrer, l’idéal est de se méfier des effets de mode.

Minimalisme et matérialisme

Je visite régulièrement des pages et des comptes Instagram sur le thème du minimalisme. Et je me rends compte parfois qu’il y a un vrai décalage entre ma conception du minimalisme et celle de certaines autres personnes. Le minimalisme semble avoir un grand défaut, c’est qu’il peut susciter un véritable culte de l’objet.

En tant que minimalistes, chaque produit que nous achetons fait l’objet d’une longue phase de réflexion et de questionnements. En général, pour éviter les achats compulsifs, on n’achète pas tout de suite l’objet que l’on vient de voir en magasin. On attend une semaine. Si on souhaite toujours l’acheter, on y va. Mais la plupart du temps, on oublie. Alors, quand il s’agit d’acheter un nouvel objet pour remplacer un appareil défectueux par exemple, c’est tout un protocole qui se met en place. On part à la quête de l’objet parfait. Il faut qu’il soit de telle matière, de telle couleur, sinon ce n’est pas « minimaliste ». Il faut que son style soit sobre et ses courbes épurées. Exit donc le vieux mobilier de jardin en plastique qu’un ami propose de donner. Il n’est pas « cool ».  Il me faut du bois, de l’acier, du gris, du noir. Quitte à acheter un équipement neuf, et souvent très cher.

Quelques définitions

Hauls

Les vidéos ou articles de blogs « haul » sont très populaires dans le domaine de la beauté et de la mode. L’objectif de ces contenus est de présenter les derniers achats du blogueur. Quand c’est les soldes, par exemple, le blogueur va montrer toutes les courses qu’il a faites, détailler les prix, les marques et indiquer pourquoi il a choisi ce vêtement plutôt qu’un autre. Si ce genre de vidéos est tout à fait adapté aux blogs sur la mode ou la beauté, on les retrouve aussi dans certains contenus dits « minimalistes ». Or, pour moi, ce concept est diamétralement opposé à celui du minimalisme. En plus de faire l’apogée des marques et des achats (souvent compulsifs), les hauls créent des besoins qui n’en sont pas pour les personnes qui les regardent. Pour moi donc, les hauls devraient être bannis du cercle des minimalistes.

Garde-robe capsule

La mode du minimalisme souffle sur de plus en plus de chaumières ! L’idée est simple : avoir un dressing composé de quelques pièces uniquement, et si possible indémodables. L’idée est de composer ses tenues avec des pièces tout assorties les unes aux autres. Pour que la capsule wardrobe marche, il fait bien sûr privilégier une ou deux couleurs (pour les minimalistes, il s’agit en général du noir et du blanc, voire du gris si on est fous). Le souci, c’est qu’il faut que ces vêtements soient aussi de très bonne qualité. A la poubelle donc vos leggings achetés trois francs six sous à H&M ou vos essentiels Kiabi. Ce n’est pas « cool ». Donc encore une fois, il faut jeter ou donner ses affaires existantes pour être dans le mouvement. Je trouve ça un peu bizarre. Car pour moi, le problème d’une garde-robe fouillis, c’est surtout une question de personnalité. Avant toute chose, il faut que la personne puisse définir son style, afin ensuite de ne pas se retrouver avec une armoire pleine de vêtements qui ne lui vont pas. C’est donc tout un travail en amont, un travail sur soi, un effort pour creuser au fin fond de son âme, qu’il faut faire. Ce n’est pas parce que vous achèterez un pull en cachemire que vous aurez réglé votre problème de penderie !

« 100 things challenge »

Ce genre de projets illustre parfaitement la tendance matérialiste de certains minimalistes. L’idée est de trier ses objets pour au final n’avoir plus que 100 objets à la maison. Ici, on est en plein cœur du matérialisme car on détaille toutes ses affaires une par une chez soi. Est-ce vraiment ça, le minimalisme ? Passer des week-ends entiers à faire le tri de ses affaires et à savoir exactement quelles seraient les 100 pièces essentielles de sa vie ? Je ne crois pas. Je ne pense pas qu’il soit « essentiel » de passer ses après-midis à ce genre d’activités. N’est-ce pas plus sympa d’aller faire un tour dehors, de partager un goûter avec une amie ou d’aller au cinéma en amoureux ?

Culte de l’objet : jeter plus pour acheter plus

Beaucoup de personnes passent leur vie à débarrasser leur intérieur. Pour moi, cette étape ne doit avoir lieu qu’une fois (le grand rangement) ou alors de temps en temps, mais cela ne doit pas être un vaste chantier à chaque fois. Le problème avec le minimalisme, c’est que les personnes droguées à la consommation vont tout simplement « jeter plus pour acheter plus ». Elles vont se débarrasser de dix pulls pour racheter les mêmes lors des prochaines soldes. Elles vont épurer les placards de leurs cuisines pour quelques mois après les voir à nouveau remplis de victuailles en tout genre. Ces personnes-là ne peuvent pas se passer d’acheter. Et finalement, c’est encore pire que tout car cela entraîne des déchets et des dépenses inutiles. On fait les aller-retour à la déchetterie, à la collecte de vêtements, aux vide-greniers et à la poubelle tout simplement. Et on passe sa vie à ça. Jeter, désencombrer…. Racheter, remplir… jeter, désencombrer.

Ma vision du minimalisme : se contenter de peu

Pour moi, le minimalisme c’est faire preuve de simplicité. Ne pas se prendre la tête sur les objets qui rythment notre vie. C’est profiter d’un espace de liberté dans sa maison, de vivre entouré de choses qui reflètent notre identité aujourd’hui et plus celle d’hier, et de libérer son emploi du temps pour mener une existence riche. Pour moi, c’est un peu vivre comme les anciens. C’est utiliser des objets qui certes ne sont pas forcément beaux, mais qui nous sont toujours utiles car ils fonctionnent très bien. C’est se faire plaisir de temps en temps en décoration, en accessoires de cuisine ou en vêtements, sans avoir à calculer le nombre d’objets que nous possédons dans notre maison. C’est manier avec plus ou moins d’aisance l’art du kufu, faire avec ce qu’on a, se contenter de peu mais de ce qu’il y a de bien pour soi. C’est redécouvrir des gestes oubliés : réparer, cuisiner, écrire. C’est une relation intime, personnelle, confidentielle avec ses objets essentiels. C’est ne pas être esclave de son argent, le dépenser pour vivre bien. Vivre sans faire le culte de l’objet. Tout simplement.

Qu’en pensez-vous ? Quelle est votre relation avec vos affaires ?

2 thoughts on “Minimalisme et culte de l’objet”

  1. hum je comprend ce que tu dis et je pense qu’il y a un juste milieu a trouver, j’ai fait un jour mon grand tri et déjà ça aller mieux, il m’arrive encore de refaire du tri car je suis en corps a la recherche de ce que je veux (surtout en terme de vêtement) et il m’arrive donc encore de trébucher et d’acheter alors que ça ne me convient finalement pas.
    Mais je me rend compte aussi que je veux du beau, du sobre , je ne supporte plus de voir trop d’objet autours de moi mais aussi des objets aux couleurs criardes en plastique qui pollue mon intérieur et mon visuel. MAis le minimaliste chez moi à découler d’une réflexion écologique alors j’essaie de trouver un juste milieu entre changer certaines choses pourtant en bon état (autant qu’il soit possible avec du plastique) pour d’autres plus durable, sobre visuellement bref c’est un équilibre constant.

    1. Exact c’est une perpétuelle remise en question. Moi non plus je ne suis pas parfaite, je n’ai pas parlé du jardin, mais il m’arrive souvent de craquer pour des plantes alors qu’à la base j’étais venue pour toute autre chose. Les plantes au jardin sont mon péché mignon. Quand un appareil tombe en panne, j’essaie maintenant de trouver des objets garantis à vie ou d’une grande robustesse. J’écrirai des articles à ce sujet pour vous donner des idées.

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