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Un an sans achat superflu : le bilan

par Moe
un sans acheter

Comme vous l’avez suivi dans un épisode précédent, ma famille et moi avons adopté le défi « No Buy Challenge » depuis un peu moins d’un an. Aujourd’hui, il est temps d’y mettre un terme et d’ouvrir un nouveau chapitre. Je vous livre mes conclusions après une année (ou presque) sans mettre les pieds dans les magasins.

Rappel : le défi « no buy » consiste à limiter ses dépenses au strict nécessaire sur une durée définie.

Pour donner vie à un projet immobilier, nous nous sommes serré la ceinture pendant presque un an. Aujourd’hui, nous sortons de ce défi la tête haute et avons retrouvé une stabilité financière bienvenue ! Je vous avais déjà livré mes premières impressions après six mois de défi : mes obstacles majeurs étaient l’ennui que la mise en jachère de mon tiroir-caisse me causait et la frustration qui m’envahissait avec le renoncement aux petits plaisirs. Quelques mois plus tard, ce défi me laisse comme héritage deux avantages : nous avons maintenant appris à dépenser en pleine conscience, et nous sommes moins tabous au sujet de l’argent.

Consommer en pleine conscience

La « pleine conscience » fait le buzz en ce moment. Les livres sur le sujet ont pris d’assaut les étals des libraires cette année. Après un an à me forcer à ne rien acheter, cette notion de pleine conscience est maintenant ancrée en moi. Dans ma tête, le minimalisme, ce n’est pas réduire ou éliminer ses dépenses, c’est surtout dépenser mieux. Quand je sors le porte-monnaie, je ne le fais plus de manière automatique. Je réfléchis à mon achat : cette dépense est-elle pertinente ? Va-t-elle améliorer ma vie ? celle de mon foyer ? Me rendre heureuse sur le long terme ? Est-ce une dépense utile, ou puis-je m’en passer ? Par exemple, auparavant quand je visitais une ville, je faisais un tour dans les boutiques du centre. Aujourd’hui, je n’en ai même plus envie, car je sais que je n’y achèterai rien ! Et lorsque j’ai bel et bien prévu une dépense, je me demande toujours si c’est la meilleure façon d’utiliser mon argent, si j’agis en cohérence avec mes principes. A ce sujet, je vous invite à lire (en anglais) cet article de The Minimalist Vegan qui m’a beaucoup inspirée ces temps-ci. L’auteur y explique que pour lui, consommer juste, c’est faire le meilleur choix selon ses propres possibilités et ses propres limites, dans chaque situation. Par exemple, c’est toujours éviter d’acheter des choses néfastes pour la planète, la santé et les animaux, et privilégier la qualité à la quantité, quand c’est possible. Ce sont des réflexes qui paraissent banals, mais qu’on a finalement du mal à ancrer dans nos habitudes quotidiennes. Nous choisissons souvent les options de facilité, car nous faisons surtout passer notre propre confort avant celui des autres. C’est humain, ne nous lançons pas la pierre, mais essayons de faire en sorte de toujours réfléchir avant chaque achat. Dans la mesure du possible, faisons tout pour investir notre argent dans des entreprises plus équitables, plutôt que de le liquider dans des enseignes moins scrupuleuses.

Relativiser la question de l’argent

L’argent fait partie de la vie, pour moi, ce n’est pas un tabou. D’ailleurs, ça ne l’a jamais été ! Je sais que quand je gagne de l’argent, je ne le vole jamais. Toute petite, je mettais déjà tous mes sous de côté. Mais lorsque je discute d’argent avec mon entourage, je sens parfois une gêne, un malaise. Comme si bien gagner sa vie était honteux. Je ne le crois pas, il faut bien gagner de l’argent pour aller faire ses courses au magasin bio, s’acheter des chaussures véganes ou partir à Hawaï… surtout si nous utilisons notre argent pour des causes nobles, dans le respect de nous-mêmes, d’autrui et de la planète. Au contraire d’ailleurs. Cet argent permet de financer des marques et des entreprises qui essaient de rendre le monde plus juste et plus sain, même si ce sont des entreprises. Tant que nous conservons nos valeurs, que nous ne vendons pas notre âme au diable, tant mieux que nous gagnons de l’argent.

Malheureusement, après un an de « No Buy », j’ai vite réalisé que les achats éthiques étaient réservés à certaines bourses. À la rentrée, je me suis rendue dans des magasins de chaussures et de vêtements standards pour habiller et chausser mes petits sans fusiller le budget. J’aurais préféré acheter éthique, mais je n’en avais pas les moyens. À côté de ça, j’ai continué à acheter bio, parfois en magasins bio, parfois en grandes surfaces. J’ai fait ce que j’ai pu avec les moyens du bord. J’ai continué à acheter en pleine conscience, dans la limite de mon budget. Grâce à ce défi donc, j’ai appris à relativiser : tout le monde ne peut pas dépenser son argent dans des causes éthiques, mais se nourrir de fruits et légumes bio reste accessible quand on fait la part belle aux produits végétaux.

Un défi que je referai bientôt… mais pas tout de suite !

Aujourd’hui, je suis heureuse d’avoir pu à nouveau commander du maquillage cruelty-free, un livre sur une nouvelle méthode de rangement venue du Japon (n’hésitez pas à me dire en commentaire si une chronique vous intéresserait d’ailleurs), et d’être passée chez le coiffeur. Cela dit, l’effet « boomerang » que je redoutais dans mon premier article sur le No Buy ne s’est pas produit. Quand je vois que nous avons remboursé toutes nos dettes à nos proches, et que nous avons restitué une petite épargne en si peu de temps, je me dis que limiter les dépenses n’a que du bon. Car la liberté, c’est le confort financier. Et avoir une petite épargne est très sécurisant.

En période No Buy, finalement le plus difficile était de ne pas pouvoir se faire plaisir « les yeux fermés » dans des activités immatérielles, comme une sortie au cinéma ou un pot entre amis. Heureusement, nous avons sû trouver notre bonheur dans de nouvelles activités gratuites (pic-nic, tours de vélo, promenades en nature, etc.). Maintenant, quand il s’agit de passer à la caisse pour une sortie, ça pique un peu !

Et vous, avez-vous tenté de défi « No buy » ? Êtes-vous plutôt cigale ou plutôt fourmi ?

17 commentaires

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17 commentaires

Cindy 11 octobre 2018 - 8 h 13 min

Hello Moe, merci de partager cette expérience si enrichissante ! Consommer en pleine conscience et dépenser mieux… Cela me parle carrément ! Je m’applique depuis quelques années à me poser les bonnes questions lors d’un achat, à estimer sa cohérence avec mes valeurs et à imaginer sa durée, ses bénéfices ou son utilisation à long terme. Des achats qui ont du sens, cela transforme vraiment le quotidien ! Côté porte-monnaie, je t’avoue que l’argent est un peu tabou dans ma famille et que tout naturellement ces conditionnements m’ont été transmis… Du coup j’aime beaucoup l’idée que tu mets en évidence : utiliser l’argent pour des causes nobles. Cette inspiration fait tomber pas mal de barrières en moi 😉 Se rendre compte que le confort financier renforce la liberté est aussi une piste que je vais garder en tête. Pour ma part, tout réside dans le fait de gagner suffisamment d’argent pour se sentir libre mais aussi d’avoir suffisamment de temps pour l’être vraiment. Car souvent gagner de l’argent signifie occuper la majeure partie de son temps à cela. Un juste équilibre auquel je travaille activement !

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Moe 16 octobre 2018 - 16 h 17 min

Exactement, la liberté s’obtient avec le confort financier. Il n’y a pas de doute là-dessus !

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Linette 11 octobre 2018 - 8 h 18 min

Je savais bien que c’était réalisable. Bravo et quel plaisir d’être « à jour » dans son budget. Je privilégie la sécurité financière à l’acquisition d’un :objet-vêtement etc. donc moins de soucis. La richesse c’est aussi être heureux et le bonheur ne s’achète pas, il se construit, continuez votre vie sera aussi belle que possible, malgré les aléas que vous aurez à surmonter comme tout un chacun. Belle et bonne route.

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Moe 16 octobre 2018 - 16 h 16 min

Merci Linette ! Nous sommes sur la même longueur d’onde…

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Rosenoisettes 11 octobre 2018 - 12 h 16 min

Coucou !
C’est un article intéressant ! Comme tu le dis j’imagine que beaucoup on peur de l’effet boomerang ou de la frustration causée, tout comme les régimes. Sauf qu’à contrario des régimes, qui sont malsains, arrêter de dépenser en superflu provient d’une réelle réflexion. On réfléchit à toutes les conséquences qu’un achat a priori banal peut avoir. Savoir distinguer les petits plaisirs et nécessités semble simple mais pas toujours évident sur le long terme. J’adopte ce mode de vie depuis deux ans maintenant, en m’octroyant des plaisirs comme : un coup de coeur vêtement (d’occasion et si le besoin est là), l’achat d’encens, du thé de bonne qualité, des bougies, des plantes… Cela fait du bien de mieux gérer l’argent et d’ensuite pouvoir avoir de beaux projets. Alors félicitations pour cette année et ce superbe projet immobilier !

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Moe 16 octobre 2018 - 16 h 14 min

J’adore tes idées « plaisirs », elles font très automnales et hygge… Merci pour tes encouragements, nous nous sentons plus légers maintenant que notre filet de sécurité est là !

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Hannah 11 octobre 2018 - 13 h 42 min

Très intéressante démarche mais il manque une information cruciale quand on parle de budget : des chiffres. Sans forcélement révéler au centime près votre trésorerie, il serait intéressant de savoir par exemple en % les économies faites, le pourcentage de vos dépenses courses bio, loyer etc. parce que là votre article fait un peu coup d’épée dans l’eau, beaucoup de mots pour rien de concret, mesurable ou identifiable.

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Moe 16 octobre 2018 - 16 h 13 min

Merci pour ton commentaire ! Effectivement, l’article n’est pas très concret, j’essaie de m’adresser à toutes les bourses et à tous les profils pour que l’idée globale soit comprise. En pourcentage, nos efforts sur l’année nous permettent d’atteindre une capacité d’épargne équivalant à un quart de notre salaire respectif alors que si nous n’avions pas fixé ces règles nous aurions économisé environ moitié moins.

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Elodie 12 octobre 2018 - 21 h 06 min

Ton post me touche beaucoup tout simplement parce que j’ai eu une éducation où l’argent fût source de problèmes, une fois en couple et des dépenses futiles et inutiles nous ont rendu malheureux par rapport à l’argent mais depuis arrivée de ma fille nous avons revu grandement notre rapport à l’argent

Bientôt dans notre maison construite nous espérons vivre sereinement de peu mais de plein d amour

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Moe 16 octobre 2018 - 16 h 10 min

Nous sommes dans la même période de la vie. Heureuse d’entendre que votre rapport à l’argent a évolué dans le bon sens. Félicitations pour votre maison, vivement l’emménagement 🙂 Comme tu le sais peut-être, je suis dans le même projet et notre construction devrait s’achever dans deux mois. Patience…

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Vérone 13 octobre 2018 - 14 h 44 min

Bravo pour votre période « ceinture serrée » ! j’avais tenté la même expérience en 2012 mais sans savoir exactement si ça a changé ma façon de consommer à terme. Je m’étais heurtée à beaucoup de flou, alors même que mes limites me semblaient claires : ne rien acheter pour mon plaisir personnel ou de superflu pour la maison. Oui mais quand on fait un cadeau à quelqu’un ? où est le curseur ? Et la nourriture, puisqu’il faut manger de toute façon, quelle limite entre nécessaire et superflu ? Un article sur le livre que tu lis m’intéresse !

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Moe 16 octobre 2018 - 16 h 09 min

Ok alors j’écrirai un article dessus une fois que j’aurai fini ! Si tu es invitée à un anniversaire, cela me semble nécessaire d’apporter un cadeau, par contre pourquoi pas en fabriquer un plutôt que d’acheter ?

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renardminimal 29 octobre 2018 - 9 h 44 min

Salut, toujours de chouettes articles. J’ai créé mon blog l’an dernier, je suis minimaliste depuis 4 ans suite à de nombreux changements de vie. Si tu as le temps de jeter un petit coup d’œil sur le blog ça me fera très plaisir. PS : je me suis permise de te référencer sur mon blog: http://www.renardminimal.com
Je consomme depuis très différemment, très peu de neuf, jamais d’inutile et surtout je revends et je donne plus que je ne fais entrer chez moi. Mais c’est un rythme à prendre sur le long terme et souvent c’est lié au détachement de l’influence de la publicité omniprésente. Mais je pense qu’il faut trouver ce qui nous plait vraiment et mettre de l’argent dedans. Il vaut mieux un bon investissement même de loisir que plusieurs sans grand intérêt. Mais là je t’apprend rien 😉

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Moe 8 novembre 2018 - 10 h 22 min

Merci pour le partage de liens ! 🙂

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annie 5 novembre 2018 - 22 h 31 min

Intéressant comme article, merci du partage ! cela me fait penser à l’expérience d’une journaliste qui a fait un no buy pendant 1 an et qui a économisé 22 000 dollars ! c’est pas mal du tout !!!!!!
je suis aussi en pleine réflexion… je suis maman depuis un an, et quand je vois toutes les dépenses pour ma fille, mais aussi tous les cadeaux inutiles et futiles qui s’entassent, je m’interroge grandement sur ma consommation ! avant la naissance de ma fille ,j’étais plutot minimaliste bobo : j’achetais peu, mais de la super bonne qualité, et je dépensais quand même pas mal. mais aujourd’hui… cela me stresse de voir autant d’argent de dépensé. même le peu, je me dis, que je peux peut être couper les dépenses luxueuses…. bref. je suis en pleine réflexion, merci pour le partage car cela nourrit tout ça aussi !

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Moe 8 novembre 2018 - 10 h 20 min

Heureuse que mes articles te plaisent et contribuent à plus de sobriété et de réflexion dans ta vie !

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Sabine 21 décembre 2018 - 9 h 25 min

J’ai essayé le « no buy » et je n’ai pas réussi. Toutefois, je suis assez contente, car j’ai au moins essayé et réduit mes achats, c’est déjà ça. J’espère avoir la même détermination et motivation l’année prochaine.

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