Accueil Rangement Simplifier la vie de famille

Simplifier la vie de famille

par Moe
parents tout simplement

« Parents… tout simplement » est un ouvrage qui se propose de nous apprendre à faire de nos enfants des êtres plus calmes, plus heureux et plus confiants. Inutile de préciser que j’ai été charmée par sa lecture et que ma vie de famille a gagné en sérénité. Je vais tenter de vous expliquer les enseignements que j’ai tirés de ce livre pour simplifier la vie de famille.

Une minute pour endormir mon enfant, une fausse bonne idée ?

L’auteur, Kim John Payne, psychothérapeute, commence ses propos par une anecdote autour d’un livre :

histoire du soir une minute

Le titre original du livre est « 365 histoires d’une minute pour s’endormir ». Rien ne vous choque dans ce titre ? Moi si. C’est ce recueil pour enfants qui va basculer la vie de famille d’un père complètement débordé, en lui apportant un véritable déclic. À l’aéroport, celui-ci se dirige dans la librairie pour acheter un souvenir à son fils. Sauf que voilà. Il voit ce livre et se dit « Génial, des histoires du soir à raconter en une seule minute chrono !! Fantastique, c’est ce qu’il me faut. » Et c’est là qu’il se rend compte à quel point il a touché le fond. Si dans une journée de 24 h, sa seule préoccupation consiste à coucher son fils en un temps record, c’est qu’il a raté quelque chose. Il est temps de changer de vie.

« Parents… tout simplement » est un livre fabuleux sur le « power of less », le minimalisme en quelque sorte, dans une vie de famille. Il aborde dans les moindres détails tous les avantages qui découlent d’un mode de vie axé sur la simplicité lorsqu’on a des enfants. La simplicité peut transformer l’existence d’une famille, faire d’une maison un foyer, un « cocon familial », dans lequel les petits bouts vivraient leur enfance en harmonie et en douceur. Pour l’auteur, l’éducation doit être simplifiée autour d’un seul axe : l’amour d’un père et d’une mère pour leur enfant. Comment ça se passe concrètement ?

Innocence et lenteur : les bases de l’enfance

Souvenez-vous de votre enfance. Je me souviens de ces longs moments de solitude l’été, quand j’étais seule dans les champs à construire des cabanes sous un soleil de plomb, pendant que tous les adultes dormaient. Je luttais contre l’ennui grâce à mon imagination. Je m’inventais un ailleurs, dans mon « loft », avec des personnages imaginaires qui étaient mes « colocataires ». Je jouais aux Lego sur la terrasse avec mon frère. Nous faisions des batailles entre indiens et chevaliers (je vous laisse deviner qui faisait qui…), nous faisions des farces aux voisins… les journées paraissaient longues et pourtant, nous trouvions toujours quelque chose à faire, livrés à nous-mêmes. Nous n’allions pas forcément visiter des monuments, faire des balades dans la forêt avec nos parents. Il faisait trop chaud pour sortir. Nous nous occupions nous-mêmes, sans beaucoup de jouets à portée de main. Seule la puissance de notre esprit nous permettait de transformer le quotidien en féérie.

A l’heure actuelle, beaucoup de parents cherchent à remplir les emplois du temps de leurs enfants comme ils le font pour le leur. Or, c’est le droit à la paresse et à l’ennui qui va permettre à l’enfant de développer sa propre personnalité. C’est la condition pour qu’il ait le temps de le faire. C’est son droit en tant qu’enfant. Plus tard, dès qu’il aura le bac en poche, il n’aura plus le temps de ne rien faire. Il courra après la montre en tentant de jongler comme il peut entre sa vie professionnelle, sa vie intime et sa vie sociale. Il n’y a que pendant l’enfance que l’on prend le temps de voir défiler les minutes en regardant simplement les aiguilles d’une horloge bouger.

L’auteur préconise donc d’éviter de multiplier les activités : piano le mardi, football le mercredi, échecs le vendredi, peinture samedi matin… ce système n’est pas fait pour rendre service à l’enfant. En effet, en multipliant ses activités extrascolaires, l’enfant n’aura jamais le temps d’approfondir ses passions, puisqu’il ne pourra que les effleurer. Certes, il saura jouer un peu au foot, un peu au piano, un peu aux échecs. Mais d’une part, il n’aura pas le temps de souffler, de prendre le temps de faire ce qu’il a envie. De zoner chez lui, dans sa chambre, et de laisser place à son imagination pour trouver des choses à faire. L’enfant a le droit au calme et à l’ennui pour forger son destin. On peut faire le parallèle avec la manière dont on lit l’information aujourd’hui. Auparavant, on lisait des articles dans un journal ou on regardait le journal télévisé. L’information ne nous était pas livrée à l’état brut, mais traitée et analysée par des journalistes. Aujourd’hui, quand on va sur Twitter ou sur Facebook, on sait qu’il y a eu un tremblement de terre en Équateur, mais on s’intéresse qu’au titre. Car à côté, une multitude d’autres informations livrées à l’état brut nous sont envoyées sur nos petits écrans. Et nous n’avons pas le temps de lire toutes ces informations, il y en a trop. Résultat, au lieu d’avoir accès à de l’information analysée par des personnes dont c’est le métier, à les approfondir en lisant tout un article détaillé dessus ou regarder un reportage, on prend connaissance de la donnée comme le ferait un ordinateur.

La routine, les rythmes, l’art des rituels

La régularité rassure les enfants. L’auteur fait le parallèle entre l’extérieur et le cocon familial. Dehors, tout peut arriver pour le meilleur… et pour le pire. Les informations sont innombrables, le temps est compté. La société consumériste veut que l’on achète plein de jouets, plein de livres. Face à tant de choix, nous avons le tournis. A côté, il y a le foyer. Dans son cocon familial, l’enfant apprécie la régularité, il sait ce qu’il va se passer et aucune mauvaise surprise ne peut arriver. Par exemple, par rapport aux repas, établir un planning hebdomadaire des types de repas permet à l’enfant de connaître à l’avance ce qu’il va manger le soir venu ou le lendemain. Il n’éprouvera pas le besoin de chercher à contrôler ce qu’il se passe chez lui, puisqu’il sera déjà en contrôle de la situation et donc de lui-même. Pour lui, l’art des rituels est très important. Dans chaque famille, il y a des rituels. Ce sont eux qui forgent l’identité d’une famille et qui la différencient d’une autre. Vendredi soir, pizza et dessin animé au programme. Chouette ! Le dimanche, c’est jour de marché. Le mercredi midi, c’est direction papi et mamy. Les mêmes rythmes, la même régularité, l’art des rituels… tout cela participe à la simplification de la vie de famille et donc à son épanouissement, loin du chaos de la société extérieure. C’est le seul mode d’organisation pour que l’enfant soit concentré sur son environnement, et éviter qu’il se perde dans le tumulte de l’imprévu et le stress qui l’entoure.

Moins de choix, moins de décisions, moins de stress

Une maman à son enfant : « Paul, cet après-midi, tu préfères aller au parc ou à la piscine ? » « Ok pour la piscine, tu voudras mettre des lunettes de plongée, ton masque, ou simplement tes palmes ? » « Le goûter, tu le voudras avant ou après ? » « Des cookies ou une compote ? » Bien sûr, cette conversation est un peu exagérée, mais illustre bien la façon dont on a tendance à trop donner de choix à l’enfant, même si l’intention est bonne. Il faudrait donc réduire le nombre de possibilités. Sinon, on risque d’augmenter le stress de l’enfant (incapacité à faire des choix), de rendre plus difficile la prise de décisions (trop d’options à considérer), d’augmenter les attentes (que ce serait-il passé si j’avais choisi la première option ?) et enfin, de déboucher sur le sentiment d’insatisfaction perpétuelle (misérable génération Y !).

Simplifier la vie de famille : Un changement de vie radical à la portée de tous

Cadeau minimalisme

Simplicity parenting ou « Parents tout simplement », de Kim John Payne

Il y a beaucoup à dire sur ce livre qui a profondément changé la manière dont je vois ma vie de famille. Inutile de préciser que Kim m’a convaincue ! Je vous le recommande chaudement. Mais avant de finir, j’aimerais partager avec vous quelques principes simples à mettre en place tout de suite pour simplifier le foyer familial et mieux apprécier ses subtilités :

  • Eviter les écrans. Tout le monde le sait déjà. Mais savez-vous pourquoi ? Ils provoquent des pics de cortisol, l’hormone du stress. Une trop forte présence de cette hormone débouche sur l’hyperactivité chez les enfants.
  • Choisir une ou deux activités extrascolaires et laisser l’enfant rôder à la maison quand il rentre de l’école.
  • Eviter les jouets en plastique qui font beaucoup de bruit. Comme les écrans, ils provoquent des pics de cortisol, l’hormone du stress. A terme, les enfants seront lassés des jouets et des activités « simples et calmes », car « drogués » par les pics de cortisol que leur procurent ces jouets.
  • Diminuer le nombre de jouets. Trop de choix tue le choix. Désencombrer les pièces, privilégier la qualité à la quantité. Tendre vers le minimalisme.
  • Avoir des rythmes clairs et bien définis permet aussi de simplifier la vie de famille. Les repas sont pris à heure fixe, sans télévision.
  • Parler moins, éliminer l’encombrement des paroles.
  • Eviter de parler de travail ou de choses d’adultes en présence des enfants. Une fois encore, l’idée est d’éviter de les confronter à trop d’informations à la fois.

J’ai essayé d’être brève, mais ce livre est tellement passionnant et enrichissant qu’il y aurait beaucoup d’autres choses à dire à son sujet. N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires ou partager votre expérience de mère ou père de famille. 🙂

Parents, tout simplement est disponible ici (lien affilié permettant de soutenir le blog !)

9 commentaires

Articles qui pourraient vous intéresser

9 commentaires

pretty arty 1 mai 2016 - 8 h 01 min

il a l’air très intéressant! il existe en francais?

Répondre
Moe 2 mai 2016 - 8 h 34 min

Oui, ça s’appelle « Parents… tout simplement »

Répondre
Jean-yves 22 juin 2016 - 8 h 19 min

Bel article.
Que du bon sens.
Mais tout nous en traîne à faire le contraire.

Répondre
Aurélie 3 mai 2016 - 13 h 20 min

Bonjour Moé,

J’aime beaucoup ce que tu dis sur le droit à la paresse et à l’ennui. Beaucoup de parents veulent à tout prix éviter que leurs enfants s’ennuient comme si cela faisait d’eux de mauvais parents. Sauf que trop d’activités peuvent épuiser les enfants voire même les stresser. Et comme tu le dis, le calme et l’ennui permettent à l’enfant de se poser, de développer son imagination et sa personnalité.

Bonne journée 😉

Répondre
Moe 5 mai 2016 - 8 h 50 min

Exactement ! Tu as tout compris à cette philosophie. Ce n’est pas pour rien que les plus grands romanciers et poètes revendiquent ce droit à l’ennui. C’est dans l’ennui qu’on puise l’inspiration.

Répondre
Laurence - Greenola 13 mai 2016 - 11 h 21 min

J’ai adoré ton article, tu m’as vraiment donné envie de lire ce livre !
J’ai tendance à culpabiliser un peu le week-end lorsqu’on passe toute la journée à l’appart, je me dis qu’ils ont besoin de prendre l’air, de se défouler (mais l’idée du parc bondé n’est pas toujours réjouissante, et pas toujours envie de prendre la voiture pour sortir de la ville !). Cela me rassure, c’est vrai qu’ils ont besoin aussi de ne rien faire, de s’ennuyer un peu pour faire travailler leur imagination.
Lorsque je j’étais enfant, on cherchait moins à nous occuper à tout prix, on passait la journée à jouer avec pas grand chose avec mon frère, et on adorait ça !
Les rituels sont très importants, en effet ça les rassure et les rend plus sereins. Nos petites habitudes à la maison, c’est pas d’écran les jours de semaine, et une soirée plateau-repas dessin animé le vendredi soir tous ensemble, ils adorent ça !
Merci beaucoup pour cet article très intéressant… et déculpabilisant 😉

Répondre
Moe 16 mai 2016 - 17 h 15 min

Merci pour tes encouragements Laurence. Le week-end, j’aime bien faire une sortie par jour, surtout le matin. Avant, je pensais qu’après la sieste, il fallait ressortir, mais en fait non. Notre bébé a besoin aussi de respirer, d’être cool cool, si il s’est bien défoulé le matin bien sûr. Et puis, il n’est pas chez lui le reste de la semaine, donc notre appartement est aussi un bon terrain de jeu propice pour développer son imagination. Je pense que tout est question de juste milieu. Le risque, c’est de laisser les enfants regarder la télé toute la journée, ce qui est bien sûr déconseillé. Mais s’ils passent un peu de temps à lire, dessiner, jouer aux légo, par exemple, je ne vois pas où est le problème, bien au contraire. J’adore ton rituel en tout cas. J’ai hâte de faire pareil avec mon fils quand il sera un peu plus grand 🙂

Répondre
RALAY 24 mai 2016 - 14 h 09 min

J’ai adoré tes 2 derniers articles : sur le rangement et celui-ci !!! Des thèmes qui me parlent. ça me donne envie d’essayer et d’approfondir!

Répondre
Moe 26 mai 2016 - 21 h 49 min

Merci Ralay ! Quand on commence le minimalisme, on ne peut plus s’arrêter ! Attention, c’est une drogue dure, mais qui ne nuit pas à la vie 🙂

Répondre

Laisser un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et la gestion de vos données par ce site Web.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.