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Se motiver quand on n’a plus le courage de trier

par Moe
se motiver pour trier

Après plusieurs déménagements, le tri fait partie de ma vie. Et j’ai encore beaucoup à faire en la matière, détrompez-vous 🙂 Mais parfois, la flemme est là, et le manque de motivation s’installe. Pourtant, me désencombrer du superflu est un acte qui me met en joie, surtout quand je vais au bout des choses. Alors, comment faire pour se motiver lorsqu’on n’a plus le courage de faire le vide ? Quelques éléments de réponse dans cet article.

Les affaires d’enfance, le boulet des trentenaires

Quelques cartons de mon époque collège/lycée traînent encore dans la maison de mes parents. Des dessins de jeunesse, une vingtaine de CD et deux-trois bricoles dont j’aimerais tant me défaire. Jour après jour, je repousse cette opération de tri. Je n’ai tout simplement pas le courage de m’y mettre.

Si vous êtes comme moi, vos parents ont sans doute gardé des affaires de votre enfance. Ils n’ont pas eu eux non plus le courage de les jeter, ou bien ils vous les ont gardées pour vous, pour vous faire plaisir. Dans mon cas, il y a ma collection de timbres par exemple, tristement posée sur les étagères du couloir, que plus personne ne regarde. Quelques CD encore que je dois revendre sur Momox… une pile de magazines Rock and Sound des années 90. Sans parler des vestiges de ma carrière scolaire, du collège au bac. Toutes ces affaires sont bien rangées dans des caisses, un peu partout donc. Je sais que je dois les ranger, les trier, ou les jeter. Mais je n’ai tout simplement pas le temps de m’y mettre. Enfin, c’est surtout une priorité qui n’en est pas une. Faut dire qu’il y a encore tant de séries à regarder sur Netflix…

Une priorité qui n’en est pas vraiment une

Quand on a une vie bien remplie, à jongler entre les diverses activités des uns et des autres, il est clair que l’après-midi tri n’est pas une urgence. Alors, quand il s’agit de faire du vide, dans les affaires sentimentales surtout, on remet souvent cette tâche au lendemain. Puis au surlendemain. Puis jamais au final.

Je pense que cette incessante remise au lendemain traduit certaines peurs :

  • se confronter au passé (de remuer des souvenirs parfois désagréables)
  • se confronter à la réalité (qui nous sommes devenus vraiment au bout de toutes ces années)
  • avoir un sentiment de culpabilité : j’ai acheté beaucoup d’affaires et maintenant je veux m’en débarrasser. Quel gâchis ! Quelle idiotie !

Trier, jeter : vaincre le sentiment de culpabilité

Le plus difficile pour moi quand il s’agit de trier, c’est donc de vaincre le sentiment de culpabilité. Lorsque j’ai fait un tas d’affaires que je ne veux plus chez moi, j’ai du mal à passer à l’étape d’après. Il arrive donc souvent que mes petits tas prennent place dans le couloir de l’entrée qui se transforme alors en un véritable babali. Je sème des tas. Ayant grandi dans une famille où le kufu, l’art de la débrouille, est une façon d’exister, jeter des affaires même cassées est une hérésie. Malheureusement, parfois, c’est inévitable. Il serait ingrat d’envahir d’autres maisons avec des affaires devenues obsolètes ou laides (objets de décoration, cassettes vidéo, etc.).

Dans certaines régions du monde, on jette ses affaires à l’occasion d’un déménagement ou d’un tournant de la vie. Des sociétés spécialisées viennent avec un gros camion récolter toutes vos possessions, puis vont les brûler ailleurs. Au Japon par exemple, on pense que les affaires ont une âme et qu’il faut les éliminer afin d’évacuer les ondes négatives.

Comme le dit si bien Regina Wang, dans Faites de la place, trier sans jeter revient à organiser le bazar. Une opération vaine. Si vous souhaitez vous alléger, vous devez inévitablement passer par la case poubelle. Certes, c’est du gâchis. Mais c’est la seule façon de vous rendre compte des erreurs de consommation commises par le passé. Vous êtes à deux pas d’ouvrir un nouveau chapitre de votre vie.

Trier : un sentiment de satisfaction

Une fois que vous aurez jeté, recyclé ou donné vos vieilles affaires qui n’ont plus leur place chez vous, vous pourrez accéder à une nouvelle vie. Vous vous rendrez compte de tout l’argent que vous aurez dépensé pour rien, de tous ces billets qui auraient pu servir à financer des projets plus ambitieux et épanouissants, tels qu’un voyage ou un filet de sécurité. Vous vous promettrez que plus jamais vous ne succomberez aux délices de la tentation matérielle, car en voici le résultat !

L’acte d’aller à la déchetterie sera pour vous un électrochoc. Oui, jeter fait mal au cœur, mais vous le faites une bonne fois pour toutes, et vous ne referez plus ! Vous aurez changé. Ce sera donc pour la bonne cause. Et la société vous dira merci, car vous ne consommerez plus de choses inutiles et futiles. Une autre personne sera née.

Pour vous motiver à trier, pensez à la vie d’après. Faire du tri présente de nombreux avantages et on le sait : on s’allège mentalement (car on ne pense plus à cette tâche qui trotte dans le coin de la tête), on s’allège physiquement (de l’espace retrouvé dans nos placards), et on est fiers de nous (enfin, une tâche que l’on accomplit).

Quand on se fixe des priorités et qu’on remplit ses objectifs, on est toujours satisfaits et contents des progrès accomplis. Trier ses placards constitue alors une petite victoire sur notre tendance humaine à procrastiner. Refuser de nous accommoder de notre petit confort routinier demande une bonne dose de courage et d’audace. Nous sommes fiers d’avoir pu trancher. Ce ne sont plus nos affaires qui dictent ce que nous devons faire et ce que nous sommes. Nous décidons d’agir. Ne nous laissons pas malmener par nos possessions, nous sommes bien plus forts qu’elles.

Et vous, quels sont les obstacles qui vous freinent dans votre souhait de vous alléger ?

13 commentaires

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13 commentaires

Elisabeth 31 octobre 2018 - 12 h 06 min

Ce qui m’embête le plus c’est de penser a tout l’argent gaspillée en possessions futiles et de penser que je me suis fais avoir par la consommation.
Quand le déclic s’est fait je n’ai pas eu trop de mal a trier mais plus on avance et plus on arrive au plus `sentimental`et là, le vrai travail commence !
Et quand je jette, je me dis que c’est la dernière fois que j’encombre le dépotoir !

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Moe 8 novembre 2018 - 10 h 22 min

On est sur la même longueur d’onde 🙂

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Kreppert 31 octobre 2018 - 23 h 44 min

Pour moi, se séparer de ces « choses » qui nous envahissent est compliqué d’un point de vue émotionnel car j’ai toujours peur d’oublier définitivement les souvenirs rattachés à ces objets.
Je démarre en minimalisme, mais je constate que rien de tout ce que j’ai pu donner ou jeter ne me manque, j’éprouve même une certaine satisfaction à me dire que j’ai pu rendre service à certaines personnes, dans un sens mon « bazar » a une autre vie …
J’aime aussi regarder les pièces que j’ai épuré et je me dis « ah oui … c.est beaucoup mieux… zen »
Bref, que du positif jusqu’à présent!

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Moe 8 novembre 2018 - 10 h 22 min

La sensation de retrouver de l’espace dans sa maison est quelque chose que j’apprécie grandement dans le minimalisme. Elle est addictive !

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Kellya 5 novembre 2018 - 21 h 00 min

Arf, je me reconnais complÈtement dans ce manque de temps équivalent à une mauvaise gestion des priorités! Pas facile de faire ces choses qui ne sont finalement pas urgentes, meme si elles feraient du bien sur le long terme. Je me réserve des horaires ou je m’interdis les écrans. Une fois passé la frustration de « ne rien avoir à faire », j’arrive à me lancer dans ce genre d’activités (plutot que de faire le ménage, mais bon…)

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Moe 8 novembre 2018 - 10 h 20 min

Une bonne idée à mettre en place. C’est sûr que les écrans nous mangent beaucoup de temps…

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Annie 7 novembre 2018 - 21 h 27 min

J’ai déjà fait une grande session de desomcombrement il y a quelques années. Aujourd’hui difficile de jeter les choses du passée, c’est comme jeter une partie de moi même. Jèterai vendre les bouquins que j’ai aimé c’est dur ! Et puis ça fait de là défi chez moi : les gens regardent ma bibliothèque c’est comme une façon de me présenter ! Dur de m’en séparer

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Patricia 11 novembre 2018 - 22 h 48 min

L’accumulation d’objets nous encombre l’esprit mais on s’en rend compte que quand on a décidé de faire du vide et quelle légèreté après. Sans parler de la liberté gagnée car mine de rien ça prend du temps de s’occuper de toutes ses possessions. Et puis une fois le vide fait, on y réfléchi à deux fois avant d’en remettre alors notre porte monnaie nous dit aussi merci ! 🙂

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Sabine 21 décembre 2018 - 9 h 26 min

Moi, ce qui m’encourage à trier, c’est de me dire que, non seulement ma maison sera beaucoup mieux, mais en plus, j’imagine la joie des gens qui recevront des objets en bon état et gratuits, lol.

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MrTortue 29 décembre 2018 - 14 h 08 min

Le problème, c’est qu’on fait de grosses sessions de tri entre de grosses sessions d’achat et d’accumulation. Et avec le temps, l’accumulation de tri à faire ne fait que nous décourager davantage. Sans compter la difficulté rencontrée pour vendre ou jeter: celà demande beaucoup plus d’efforts d’éliminer un objet que d’en acheter un!

Ce qui marche pour moi: lorsque j’ai envie de m’acheter quelque chose, j’attend plusieurs semaines avant de faire le pas. Si après plusieurs semaines l’envie (et la nécessité surtout) est toujours présente, alors c’est que j’en ais réellement besoin ou l’envie est persistente.

Ce qui marche aussi: prendre conscience de la valeur des choses non pas en euros mais en « heures de vie ». Combien de temps je dois passer au travail pour me payer cet objet? Cette nouvelle chaîne de valeur nous permet de remettre notre envie en question.

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Moe 10 janvier 2019 - 10 h 11 min

Bonjour toi,
Merci pour tes astuces. La dernière remarque fait tout à fait sens chez moi, surtout que je travaille souvent à l’heure.
En tout cas, pour l’instant, le meilleur remède à la consommation à outrance chez moi est simple : j’ai investi mes économies dans un projet de vie qui me tenait à coeur (maison), et aujourd’hui je fais très attention à mon argent, car mon objectif à court terme est de reconstituer une trésorerie de confort.

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Armelle 14 janvier 2019 - 19 h 02 min

Je suis en train de déménager, d’une maison de 120M2 à un T2
Le tri le désencombrement c’est jouissif, je me sens toute légère et sereine.
Je suis aussi ahurie des dépenses inutiles que j’ai faites, pour suivre la mode ou combler autre chose
J’ouvre un nouveau champs des possibles, je change de vie de mode de consommation….
Je suis ravie

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Sigrid 4 mars 2019 - 17 h 14 min

Pour moi c’est difficile de prendre la décision entre garder ou jeter. Et une fois que c’est dans le carton « à jeter », je me demande la meilleure destination, entre déchèterie et poubelle ordinaire. Quand je décide de donner, encore faut-il que je décide à qui donner. Si le tri consistait seulement à se débarrasser dans un grand container de tout ce qui n’a pas servi depuis au moins un an ça serait beaucoup plus simple pour moi. Mon appartement serait presque vide. Il y a aussi tout ce qui est paperasse qui me donne du fil à retordre. Car au cas où je jette, comme je n’ai pas de machine à détruire le papier ni de cheminée, c’est compliqué.

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