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La fabrique à souvenirs est en marche

par Moe
Fabriquer des souvenirs

Et si au lieu de consommer, de vivre à cent à l’heure, on essayait de se créer des souvenirs ?
Et si, au lieu de regarder des séries, de tapoter sur son portable ou de se prendre en selfie, on se retrouvait pour des moments de complicité et de simplicité ?
Depuis quelque temps maintenant, c’est ce que j’essaie de faire au quotidien avec mes enfants. Le but ? Leur transmettre des valeurs de partage et des images dans lesquelles ils pourront se réfugier plus tard, lors de périodes moins joyeuses.

Au départ : éveiller les souvenirs d’enfance

Tout a commencé quand j’ai essayé de ranimer les souvenirs de mes grands-parents. Malheureusement, ma grand-mère habitait à mille kilomètres et je ne la voyais jamais. Mon autre grand-père, lui, est parti très tôt. Du coup, je n’ai pas eu la chance de vivre la relation entre grands-parents et petits-enfants que l’on voit dans les films.
C’est vrai que mon grand-père ne s’est jamais vraiment occupé de moi. Une autre époque. Pendant les vacances, on vivait sous le même toit, on partageait les mêmes repas, mais on ne passait pas beaucoup de moments ensemble. Ou alors, je les ai oubliés. Il faut dire que pépé avait beaucoup à faire dans sa campagne. S’occuper de ses vignes, de ses rosiers, de ses jasmins et de son potager prenait beaucoup de temps. C’était son travail. Et il ne restait plus beaucoup de place pour ses petits-enfants. Je ne me souviens pas beaucoup de lui. Pourtant, quand je repense à lui aujourd’hui, deux images nettes traversent mon esprit. La première, c’était un midi d’été. Ma mère n’était pas à la maison, ce qui était plutôt rare. Mon pépé avait cuisiné pour nous et en dessert il nous avait préparé des fraises au vin rouge. Nous avions dégusté ce savoureux dessert tous ensemble sur la terrasse, bercés par le chant des cigales. Nous avions bien rigolé, car ce n’était pas très adapté du vin rouge pour des enfants de huit-neuf ans ! Je m’en souviendrai toujours comme si c’était hier. Le deuxième souvenir qui me vient en tête quand je repense à lui, c’est l’unique soir où il nous avait gardés, mon frère et moi, alors que mes parents étaient sortis. Quand la nuit était tombée, et qu’il fallait se coucher, j’avais beaucoup pleuré, car j’avais peur de dormir toute seule. Alors mon grand-père m’avait proposé de regarder sa série préférée à ses côtés, en attendant que mes parents reviennent. C’est dans ses bras que j’avais découvert « Chapeaux melons et bottes de cuir ». Je n’y avais rien compris, mais j’étais fière et rassurée.
Le point commun entre ces deux épisodes ? L’amour. L’amour qu’on distille dans sa cuisine lorsqu’on reçoit des gens qu’on aime à dîner. L’amour d’un adulte pour une petite enfant qui a peur du noir ou de se retrouver seule dans son lit.
L’autre jour, nous papotions avec mon fils au sujet d’Halloween qui arrive à grands pas. Il se rappelait que l’année précédente, alors qu’il n’avait que deux ans, il avait sculpté une citrouille avec son papi et sa mamie, qu’il y avait mis une bougie à l’intérieur et qu’il avait adoré la lumière orange que cette œuvre avait créée. La magie dans ses yeux et le bonheur qu’il ressentait en me racontant ce souvenir m’ont beaucoup émue.

La discipline du souvenir : ça se travaille

En tant que maman, je m’efforce de créer des souvenirs pour mes enfants, qui resteront à jamais gravés dans leurs mémoires. Qui se souvient de ses cadeaux d’anniversaire ou de Noël ? Et qui se souvient des plats savoureux qu’on avait préparés ensemble, des chants ou des danses rigolotes qu’on avait partagées ? Les cadeaux matériels s’effacent dans nos mémoires, alors que les moments de partage restent.
Alors certes, les souvenirs peuvent être coûteux, quand on fait le choix de se retrouver en famille un peu plus loin que d’habitude pour les fêtes de fin d’année, mais quand on sait les souvenirs que cette aventure représentera dans nos têtes, on ne pense plus à l’argent. Si on peut se le permettre, alors fonçons. Dominique Loreau disait dans un de ses ouvrages, qu’il ne faut pas être esclaves de son argent. L’argent est à notre service. Mais il existe une manière beaucoup plus simple et économique de se créer des souvenirs : les rituels.

L’art des rituels familiaux

Un jour quand je naviguais sur des forums, un message m’a profondément marquée. C’était celui d’une maman qui avait créé le rituel du « pizzalanta ». Chaque vendredi, toute la petite famille se retrouvait pour un plateau télé devant Koh Lanta. Au menu chaque vendredi, c’était pizza ! Au grand bonheur et des enfants et des parents. Je n’étais qu’une petite étudiante à cette époque, mais j’avais trouvé cette idée très sympathique et je sais qu’elle m’aurait ravie étant enfant. Les rituels familiaux sont très importants pour imprégner nos mémoires. Les enfants les adorent ! Les rituels peuvent se faire de manière hebdomadaire ou ponctuelle. Par exemple, chaque jeudi après l’école, nous allons faire du vélo au parc. C’est une manière pour nous de nous offrir un avant-goût du week-end. Les matins d’anniversaire pour l’un des membres de la famille, c’est pancakes et sirop d’érable au petit-déjeuner. Des petits détails du quotidien et de la vie qui resteront, je pense, à jamais gravés dans le cœur de nos enfants et dans les nôtres. Car c’est aussi ça l’esprit de famille. Chaque famille a ses propres rituels. C’est ce qui fait sa spécificité.

Alors demain, si vous hésitez à inviter des amis pour le goûter, à marquer le coup pour un anniversaire ou tout simplement à sortir dans le jardin lancer le ballon le plus haut possible dans le ciel, pensez à cet article. Pensez à tous les souvenirs que l’on peut graver en nous, et que l’on pourra éveiller les jours où on en aura besoin.

Et vous, vous les créez comment vos souvenirs en famille ou entre amis ?

1 commentaire

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1 commentaire

Romain 19 octobre 2017 - 21 h 26 min

Pour ma part, les plus beaux souvenirs sont les moments qu’on improvise. Avec mon petit bonhomme, c’est par exemple aller manger un hot dog sur un coup de tête, faire un tour de grande roue parce qu’on passe devant, manger une tartelette parce qu’on a un petit creux. C’est les trucs les plus simples qu’on retient 🙂

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