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Faire le tri : la méthode des six mois

par Moe
méthode des six mois

Après la vente de mon appartement, je suis retournée vivre chez mes parents pendant six mois. Pendant cette période, toute ma vie matérielle m’attendait sagement dans un box de 14 m3. Cette attente m’a permis de faire le point sur mes possessions. Et ce fut aussi l’occasion de tester une solution très efficace pour se désencombrer : ranger ses affaires dans un carton pendant six mois et voir l’effet que ça fait. Verdict.

Il y a quelques mois, j’ai vendu mon appartement, une vente si rapide que j’ai trouvé utile d’en faire un article. Seulement voilà. J’avais vendu mon appartement à une vitesse folle, mais je n’avais pas de nouvelle adresse. Eh oui ! La construction d’une maison ne se passe pas toujours comme on l’avait prévu. Il a donc fallu stocker toutes les affaires de la petite famille dans un box. Vêtements, livres, meubles, matériel informatique, jouets… tout y est passé. Malgré un gros tri effectué en amont, beaucoup d’affaires nous sont restées sur les bras le jour du déménagement. Faire davantage le vide nous aurait pris beaucoup trop de temps. Nous avons fait ce que nous avons pu, et six mois après, nous nous rendons compte que beaucoup d’affaires ne nous servent à rien.

box

Des affaires six mois dans un box

Le recours à un box a suscité beaucoup d’émotions au sein de la famille. Amis, proches, collègues, le débat se faisait intense pour savoir s’il était préférable économiquement de stocker les affaires dans un box, puis de les rapatrier ensuite à notre nouveau domicile situé à 1 000 kilomètres de là, ou bien de tout revendre quitte à tout racheter ensuite. Les avis divergeaient. Beaucoup d’amis nous ont conseillé de tout revendre. Seulement, ce n’était pas eux qui devaient s’occuper de trier, de prendre en photo les objets, de publier les annonces et d’accueillir la foire d’empoigne tous les jours chez soi ! La solution de facilité a été de louer un box. Un choix qui nous a permis de tester la méthode des six mois. De quoi s’agit-il concrètement ? Lorsqu’on hésite à se détacher de certaines possessions matérielles, cette technique consiste à les ranger en carton pendant six mois. À la fin de cette période, si le carton est resté fermé, cela signifie que les affaires qu’il contient ne sont pas utiles. Le carton peut alors être donné !

Certaines pièces m’ont manqué, d’autres moins

Vivre six mois sans ses affaires est une expérience intéressante. On se rend compte à quel point certains objets sont totalement inutiles à notre vie, alors que d’autres nous manquent.
Prenons les livres par exemple. Ma collection est tout de même réduite depuis que j’ai fait le choix d’une vie axée sur la simplicité. Elle compte une quarantaine de pièces. Un petit exploit, pour une littéraire comme moi. Auparavant, je pensais que garder certains livres que j’avais étudiés à l’université était une façon de ne pas oublier qui j’étais. Si l’idée semble être jolie au départ, six mois après avoir rangé lesdits livres en carton, je perçois aujourd’hui ces ouvrages comme des vieilleries. En dix ans, je n’ai jamais relu ces livres, ni même feuilleté. Quelle déprime ! Un monde de différences s’est constitué entre l’étudiante en littérature italienne et anglo-saxonne que j’étais et la traductrice freelance, maman et blogueuse d’aujourd’hui. Après avoir été enfermés six mois dans un carton, ces livres ont rejoint la vie de nouveaux lecteurs à la médiathèque, et j’en suis très heureuse.

En revanche, certains objets emballés dans ces cartons m’ont beaucoup manqué. Mes livres du moment, ceux que je lis depuis à peu près deux ans, et qui ont trait au minimalisme, à l’éducation bienveillante et positive, au développement personnel et à la sobriété heureuse ou la simplicité volontaire font aujourd’hui partie de moi. Ils m’accompagnent au quotidien dans mes réflexions, mon blog et mes échanges avec les personnes que je côtoie. Bizarrement, sans ces livres, je me sens comme une petite fille abandonnée sur l’aire d’autoroute, un soir de vacances d’été. Je suis attachée à l’idée qu’un livre peut se prêter, se donner, s’échanger. Souvent, des livres qu’on prête, on ne les récupère jamais, on les oublie mais on sait que là où ils sont, ils sont toujours plus heureux que sur une étagère, avec la poussière comme seul compère. Contrairement aux livres de faculté ou aux guides de voyage datés, mes livres du moment constituent mon présent et m’accompagnent vers mon futur. Cette prise de conscience m’a permis de faire un nouveau tri drastique dans ma bibliothèque.

CD, appareils de cuisine, et autres bibelots

Après six mois sans mes affaires, le nombre d’ustensiles de cuisine que j’avais chez moi m’a impressionné. Pourquoi autant de mugs, de fourchettes et de verres alors que quatre de chaque catégorie (nous sommes quatre dans la famille) pourrait être suffisant ? Idem pour les fournitures scolaires et la papeterie : je me demande comment je vais pouvoir me défaire de tous ces stylos, ces post-its, ces feuilles de papier de différents formats, etc. que je n’ai pas eu le courage de trier avant le déménagement…

Des affaires qui nous suivent à jamais

Quand on est minimaliste et qu’on aspire à faire le vide autour de soi, il est souvent difficile de se débarrasser de ses possessions. J’ai récemment participé à un vide-grenier, et même si j’ai trouvé l’expérience intéressante, elle manquait cruellement d’efficacité. Je n’ai presque rien vendu, malgré des prix dérisoires. Aujourd’hui, tout s’achète et s’élimine facilement et à moindre prix. Il est très simple de jeter ses affaires à la poubelle et d’en racheter des neuves à Ikea sans faire saigner le compte-épargne. Alors quand on a des jouets, des habits ou des accessoires en trop, on ne sait pas trop comment s’en sortir.

Conclusion : la méthode des six mois en carton : une méthode qui fonctionne

Grâce à mon déménagement, j’ai réussi à épurer davantage mon intérieur en faisant un nouveau tri dans mes livres, dans les jouets de nos enfants, dans nos vêtements. En mettant en carton mes affaires pendant six mois, j’ai réalisé qu’il était très simple de s’en passer et très apaisant de vivre sans. L’objectif pour moi est de vivre dans une maison aussi épurée qu’une location de vacances. Pas vous ?

Et vous, avez-vous déjà testé cette méthode des six mois ? Qu’en pensez-vous ?

13 commentaires

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13 commentaires

Romain 9 janvier 2018 - 16 h 18 min

C’est ce que je me suis dis aussi, lorsqu’on vide un box, on ne se souvient même plus qu’on avait tout ça. Les trois-quarts des affaires sont tout bonnement devenues inutiles. On change, on ne se sert plus des mêmes affaires, on n’a plus envie de voir la même déco. Mais sur le moment, quand on déménage, on n’a pas forcément envie de se débarrasser de tout ça. On en prend conscience quand on remet le nez dedans.

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Moe 9 janvier 2018 - 16 h 20 min

Tout est dit ! 🙂

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Chacha 9 janvier 2018 - 16 h 44 min

Vous m’épatez ! Toujours de bons conseils la mouette !

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Moe 9 janvier 2018 - 21 h 35 min

Merci en espérant t’avoir été utile !

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Yas 9 janvier 2018 - 16 h 59 min

Ca va faire 4 mois que nous sommes dans notre nouveau chez nous: je vais aller faire un tour à la cave!!!!
ps: les écoles ou les associations qui envoient du matériel scolaire en Afrique seraient preneuses de tout ce qui vous reste 🙂

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Moe 9 janvier 2018 - 21 h 34 min

Oui une bonne idée reste à trouver ces associations ! Bon tri de votre côté, avoir une cave peut sembler pratique mais c’est un piège à minimalistes ! 😉

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Agnès - Esprit Laïta 10 janvier 2018 - 9 h 38 min

J’ai souvent déménagé et chaque déménagement est l’occasion de trier. J’ai jeté beaucoup. Parfois trop et je regrette certains vêtements d’excellente qualité dont je me suis débarrassée alors qu’ils étaient démodés et qui sont à la mode aujourd’hui. c’est vrai qu’on peut vivre avec pas grand chose. Mais jeté; c’est prendre le risque de devoir racheter et c’est une spirale de consommation sans fin. Ma fille aujourd’hui portent des vêtements que je n’avais pas portés pendant des années. J’ai changé de vie et j’utilise aujourd’hui des outils qui sont restés stockés dans un grenier. La vie est longue, le minimalisme n’est-il pas une vue à court terme?

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Moe 10 janvier 2018 - 13 h 50 min

Bonjour Agnès, et merci pour ton approche intéressante.
En effet, je connais beaucoup de personnes qui se disent minimalistes et qui en fait son accrocs à la consommation : elles jettent/donnent/revendent pour pouvoir acheter davantage tout en gardant un intérieur épuré.
Et c’est en effet une spirale de consommation infernale !
Cela étant, nos placards sont souvent remplis de choses qu’on n’utilisera jamais ou très peu. On peut se les faire prêter par exemple, ou bien donner des affaires qui peuvent être utiles à quelqu’un à un moment de sa vie, et profiter des affaires d’autres personnes à un autre moment de notre vie.
Par exemple, prenons le cas des habits d’enfants. Je ne pense pas avoir de troisième enfant, alors les vêtements de bébé je les donne à ma cousine et des amies. Mais je sais que le jour où je serai à nouveau enceinte (sait-on jamais, la vie réserve parfois quelques surprises), je suis sûre qu’une âme charitable me donnera des vêtements de bébés. Pour moi, le prêt et le don forment un cercle vertueux !
Mais je te rejoins tout à fait sur le fait qu’il ne faut pas jeter ou donner sans réfléchir, car on peut se retrouver obligés de racheter le moment où on en a besoin. Tout est question d’équilibre et de besoins. On n’a pas tous la même vie ni les mêmes exigences.

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Cécile 12 janvier 2018 - 11 h 51 min

Je suis d’accord avec Agnès, même si un objet t’est aujourd’hui inutile, il est possible qu’il le soit demain …
Bon, ce n’est bien sûr pas une raison pour entasser tout et n’importe quoi « au cas où » !
Mais je ne comprends pas par exemple pourquoi tu ne garderais que 4 verres parce que vous êtes 4. Car j’imagine, que de temps en temps une 5, 6, 7ème personne viendra chez vous, et dans quoi boira-t-il ? De plus, même si on y fait très attention, il est courant de casser de la vaisselle de temps en temps, alors quel intérêt de s’être débarrassé de 3 assiettes en trop, s’il faut en racheter quelques semaines plus tard ?
Pour moi c’est un peu les limites du minimalisme, même si le concept me plait beaucoup, je pense qu’il ne faut pas être trop extrême, et comme le dit Agnès, trop penser « à court terme »

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Moe 12 janvier 2018 - 16 h 36 min

Salut Cécile ! Merci pour ton commentaire. En effet, il ne faut pas être trop radical avec le minimalisme. Quand je disais 4 verres pour 4, j’exagère un peu, mais c’est vrai que nous n’en avons beaucoup trop pour notre utilisation. Et cela dépend aussi si on a un lave-vaisselle ou pas, car en ce moment nous n’en avons plus, alors qu’avant oui, c’est pour cela que c’était plus pratique d’avoir « beaucoup » de verres. Nous avons récemment accueilli des amis à la maison, nous avons tout simplement bu dans des verres et dans des mugs et cela n’a froissé personne. Mais comme je l’ai dit à Agnès, je trouve ça idiot de se débarrasser « pour le plaisir de se débarrasser ». Je prends souvent le cas de l’appareil à raclette. C’est sûr, on ne l’utilise pas souvent, mais on est bien content de se faire une raclette de temps en temps. Tout est question de juste milieu !

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Mel 25 juin 2018 - 16 h 52 min

Bonjour,

j’aime l’idée du 6 mois de box. Cet été, j’emménage avec mon conjoint pour faire un essais de cohabitation alors ces 2 mois seront un bon test box aussi. J’ai telllllllllement de choses chez moi c’est fou, parfois j’aurais envi de tout simplement tout jeter au lieu de trier tellement j’en ai, comment faire et quoi faire avec TOUT ces objets, je n’ai pas la moindre envi de prendre tout en photo et de vendre sur internet mais en même temps je ne suis pas riche pour `cracher` sur tout ce que ces biens pourraient m’apporter comme argent, je ne sais plus quoi faire svp aidez-moi 😉

Mel

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Moe 25 juin 2018 - 17 h 03 min

Bonjour Mel, tout d’abord quels objets avez-vous en trop ? Il existe maintenant des moyens très simples de s’en défaire. Utilisez par exemple l’application « Momox » pour les biens culturels, il suffit de scanner les code-barres des objets que vous souhaitez vendre, puis de les déposer dans un centre de colis-relais. Même plus besoin d’aller à La Poste !
Sinon, vous pouvez aussi mettre vos objets dans une caisse et mettre une pancarte « servez-vous » pour liquider rapidement des objets peu volumineux.
Enfin, si vous voulez vous alléger rapidement et efficacement, pensez aux dons ! Avec emmaüs, des personnes viennent récupérer vos objets directement chez vous. Rien à faire, si ce n’est préparer les colis. Et vous ne « gâchez » pas votre argent, puisque vous en faites don à une association.
Bon courage et bonne installation avec votre moitié 🙂

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Emilie 22 août 2018 - 15 h 12 min

Lorsque nous avons emménagé dans notre nouvel appartement, nous avons souhaité faire un gros tri sur les choses qui nous semblaient inutiles ou dont on se sentait capables de se séparer (le micro-onde par exemple, les 12 assiettes (pour deux..), les verres à vin, champagne, bières qui nous avait été donné et que nous utilisions 2 fois dans l’année!) Et, dans notre souhait de se désencombrer, de donner pour racheter des produits de meilleurs qualité-plus utiles et réfléchis nous avons eu droit à des « mais comment vous allez faire le jour où vous aurez du monde à manger ?  »  » Imagine que…  »  » On ne sait jamais que …  » Sous prétexte que peut-être un jour j’allais avoir envie d’inviter touuuuuute ma famille en même temps, je devais donc garder toute cette vaisselle 364 jours par un pour 1 jour de retrouvaille. J’ai trouvé cela tellement dommage de réfléchir « pour les autres » « dans l’hypothèse que ». J’ai aussi remarqué dans mon entourage que beaucoup réfléchissait ainsi « on garde, ça pourra servir plus tard !  » . Alors, oui, peut-être que le minimalisme s’inscrit dans une démarche de « court terme » mais, tout de même, n’est-il pas dommage de s’encombrer et de garder au cas où ?
Alors, oui, lorsque l’on vient chez moi il n’y a aucun chance que le risotto soit servi dans une assiette spéciale à risotto, que le vin soit servit dans un verre à vin (un joli verre très simple fait l’affaire) et il y a parfois fort à parier que le dessert soit servit dans les assiettes du plat que j’aurai lavé entre temps. Et pour autant, tout le monde prend du plaisir !

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