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Comment suis-je devenue minimaliste ?

par Moe
devenue minimaliste

L’enfance : la période cabanes

Je m’en souviens comme si c’était hier. Je rentrais en 6ème, je ne connaissais personne dans ma classe, car les enfants de mon école avaient choisi un autre collège que le mien. Quelques semaines après la rentrée, l’une de mes premières « nouvelles amies » et sa mère m’avaient ramenée à la maison pour la première fois. C’était un mercredi après-midi gris du mois d’octobre.

Fièrement, je leur avais alors présenté ma nouvelle œuvre. C’était une cabane construite sous le platane qui trônait à quelques mètres de ma maison. Pour le toit, j’avais utilisé une vieille bâche en plastique, qui appartenait à mon pépé pour ses serres. Je l’avais fixée à des piquets en bois, qui servaient à faire pousser les tomates. Pour solidifier la structure, je m’étais aidée d’un certain nombre de bricoles que j’avais récupérées à droite à gauche chez les oncles et les tantes.

Quelques semaines plus tard, pour une raison qui m’échappe, il a fallu que je « déménage ». J’ai tout déconstruit pour bâtir une nouvelle cabane ailleurs, sous un olivier. C’était ma routine des jours fériés, des dimanches et des mercredis après-midi de mon enfance.

Ma passion pour les déménagements vient donc de là et depuis, elle ne m’a plus jamais quittée. Mes envies d’ailleurs non plus. Elles ont très tôt fait battre mon cœur. Je voulais habiter à Lille, tout en haut de la carte, vivre en Australie et avoir un appartement à moi toute seule.

A côté de ça, j’étais une très bonne épargnante. Contrairement à mon frère, une vraie cigale, qui adorait dépenser le moindre sou récolté, je me constituais des cagnottes pour m’offrir de jolies choses après quelques mois voire quelques années de vache maigre. J’aimais l’idée de ne pas trop dépenser. Une philosophie familiale. Du côté de mon père, on est adepte du « kufu« , l’art de la débrouille.

Puis, j’ai rencontré l’homme de ma vie, celui qui deviendra plus tard le père de mes enfants. Il habitait littéralement à l’autre bout de la France. Pour lui, j’ai quitté ma famille et mes amis. Allez savoir si je l’ai fait exprès, mais ce coup du destin m’a permis de réaliser mon rêve de petite fille, qui était donc de partir à la conquête de terres inconnues.

Les études : un pas de plus vers le minimalisme

Pendant mes études, j’ai enchaîné les déménagements, du sud à l’ouest, au nord, en passant par quelques séjours à l’étranger. Chaque fois se posait la question « mais qu’allons-nous faire de toutes nos affaires ? ». C’est donc naturellement que nous avons pris l’habitude de ne pas trop nous encombrer. Puis un jour, j’ai découvert que ce mode de vie avait ses adeptes. Je découvrais le mouvement des minimalistes par hasard, dans un reportage de la feue émission « YouRope » sur Arte. Non seulement il n’était pas zinzin de vivre avec peu d’affaires, mais de surcroit, cette lubie promettait d’exercer une influence positive sur l’épanouissement personnel ! Le minimalisme réunissait des personnes qui axaient leur vie sur l’essentiel et sur des conditions propices au bonheur.

Au fil de mes lectures, j’approfondissais le thème du minimalisme. Dominique Loreau, Henry David Thoreau, Marie Kondo, Francine Jay, Rhabi… aujourd’hui, je suis minimaliste dans le sens philosophique du terme. J’ai un peu laissé tomber la période « vivre avec 10 objets » ou « faire le ménage en 10 minutes ». Dans l’ensemble, j’essaie de vivre modestement, de me contenter de l’essentiel et de faire ce que je peux pour mener une existence en accord avec mes convictions.

Puis, il y a eu ce blog, les découvertes et les rencontres qu’il a provoquées. Une brève parenthèse, une pause, puis une réouverture. Cet article signe le grand retour de ma cabane. Cette fois-ci, elle n’ est plus faite de bric et de broc, mais elle est virtuelle.

Au-delà du minimalisme, j’aimerais à présent évoquer avec vous les thèmes de la simplicité volontaire, de la sobriété heureuse et du développement personnel. Ces univers ne sont pas incompatibles avec le minimalisme « matériel », ils se rejoignent.

Et vous, comment êtes-vous devenu plus ou moins minimaliste ?

A très bientôt donc pour une nouvelle page et la deuxième vie de ce blog !

Moe

28 commentaires

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28 commentaires

Marie 3 avril 2017 - 12 h 31 min

Jolie surprise de te lire de nouveau!

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Moe 4 avril 2017 - 9 h 48 min

Ravie aussi de vous relire tous 🙂

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prettyarty 3 avril 2017 - 13 h 14 min

tout pareil ! sauf que parfois j’ai une petite baisse de moral quand je regarde ma maison et je trouve qu’il y a encore bcp trop de choses (papiers, affaires des enfants, choses et d’autres qui trainent) par rapport à mon idéal !
enfin j’ai la chance que mon homme adopte un peu la meme philosophie et me taxe meme de bordélique:)

bises a toi!

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Moe 4 avril 2017 - 9 h 49 min

Oui c’est plus facile si ton homme est avec toi. Heureusement c’est le cas du mien ! Il faut savoir se respecter sinon cela crée des tensions dans le couple…

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Bulle_Virtuelle 3 avril 2017 - 13 h 21 min

Contente de te lire à nouveau ! J’espère que tu as bien reçu ton livre. Je suis devenue apprenti minimaliste suite à la lecture de l’art de la simplicité et à mon premier déménagement où je me suis dit plus jamais ça !

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Moe 4 avril 2017 - 9 h 50 min

Je dois déménager bientôt heureusement je n’ai pas beaucoup de meubles mais quelque chose a changé depuis mon dernier déménagement : deux enfants !! et ça prend beaucoup plus de place que des armoires ou des livres… grr (ps :oui bien reçu ! Je te tiens au courant)

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martine27 3 avril 2017 - 16 h 01 min

Je ne suis pas encore une « vraie » minimaliste, mais je m’y emploie. Deux choses m’ont amené à commencer à faire du tri chez moi (dans ma vie et dans ma tête aussi par la même occasion), la découverte du livre de Marie Kondo et le décès de ma mère qui m’a amené à vider sa maison et à ne conserver que quelques objets qui avaient une histoire pour moi, dans la foulée, je me suis attaquée à ma maison et j’ai déjà fait un grand vide dans les papiers, les livres, les vêtements et des meubles vont aussi s’en aller. Ca fait un bien fou de se sentir se libérer de certains poids

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Moe 4 avril 2017 - 10 h 00 min

Oui le minimalisme permet de se libérer de certains poids, notamment du poids émotionnel comme dans ton histoire. Il n’y a pas de vrai ou de faux minimaliste, chacun avance à son rythme. L’essentiel, c’est dans la tête. Après, avoir dix objets ou cent, peu importe, pourvu qu’on soit conscient de l’impact des possessions sur son existence. Les personnes qui vivent avec un sac à dos comme seul compagnon de vie sont très rares, ils incarnent des fantasmes de blogueurs ou de gourous. Je m’intéresse aux vraies gens. Les personnes comme toi et comme moi, qui ont une famille, un travail, un toit. Cessons de culpabiliser 😉

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La Pintade aixoise 3 avril 2017 - 16 h 33 min

Ravie de te lire à nouveau, je t’avais découverte peu avant ta pause ! J’aimerais être vraiment minimaliste… Mais quand je regarde le bordel autour de moi et que je compare avec les photos de la maison de qqun comme Béa Johnson, je me dis que j’ai encore de la marge. Mais ensuite, je compare aussi un peu avec les copains et je me dis que ma foi, avec trois enfants en bas âge, on a su ne pas trop accumuler de bordel. On n’a presque aucun meuble (ce qui explique aussi la présence du désordre dans ce nouvel appartement du reste !)
En fait ça c’est fait par phases. Ça a commencé lorsque j’ai dû vider très rapidement la maison de mon enfance. Ma mère avait tout gardé, sans trier. Une catastrophe émotionnelle.
Puis avec mon copain, qui est devenu mon mari par la suite, nous avons décidé que les cadeaux devaient être des voyages ou des biens consommables (vive le vin !)
Ensuite, j’ai découvert la pédagogie Montessori lorsque j’étais enceinte de numéro 1. Les espaces montessoriens (même si cette pédagogie implique pas mal de matériel) sont épurés et ordonnés. Du coup nos enfants ont peu de jouets, encore moins d’habits (d’occasion) et on ne stocke rien, on fait tourner aux copains, aux ludothèques, chez Emmaüs etc. Je sélectionne drastiquement ce que je garde.
Suite à l’épisode de grand vide chez mes parents, j’ai commencé à bouquiner Dominique Loreau, Marie Kondo, Béa Johnson… Et puis peu à peu, bien qu’évoluant dans un milieu bourgeois où la consommation est centrale dans le mode de vie, je suis sortie (plus ou moins) du schéma de consommation classique. ça doit faire 3 ans que je n’ai presque pas mis les pieds dans un magasin (hors alimentation) sauf besoin impérieux (culottes, lunettes.)
Enfin je suis encore attachée à des objets et puis comme je répugne à l’idée de jeter (très branchée zéro déchet aussi) je fais en sorte que rien ou presque ne rentre chez moi.
Nous allons vendre la maison de ma grand-mère. Chaque objet a une charge émotionnelle, notamment pour ma mère. Alors je me dis que si je ne possède rien, mes enfants n’auront rien à vider après mon départ. Ils auront des photos pour les souvenirs et puis les bonnes bouteilles que je n’aurais pas eu le temps de boire ! A très bientôt chez toi !

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Moe 4 avril 2017 - 9 h 56 min

Salut la pintade, merci pour ton beau commentaire et ton témoignage émouvant. Comme toi, j’ai des enfants et je suis adepte de la pédagogie Montessori, même si je n’en respecte pas encore tous les dogmes. J’ai bien noté que le « bordel » excitait les petits enfants et que plus il y a de jouets éparpillés partout ou mal rangés, moins les enfants y touchent. J’écrirai un article à ce sujet d’ailleurs. Pas facile de trier les objets à charge émotionnelle comme tu dis. La nounou de mon fils me garde tous ses dessins et il y en a déjà beaucoup. Je culpabilise de les jeter… mais je me dis si ça commence comme ça, qu’est-ce que ce sera dans cinq, dix, quinze ans ? Je crois que le tri demande une bonne dose de courage et de force d’esprit. Au plaisir de te relire sur le blog !

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Atelierdemilie 12 avril 2017 - 0 h 18 min

Pour les dessins d’enfant, il y a la possibilité de les prendre en photo pour en garder une copie numérique. Apres, pour ne pas garder tous les dessins « en vrai », associer l’enfant dans le choix de ceux qu’il veut garder (3 ? 5 ?) Et les exposer à un endroit où ils pourront être admirés de tous : il appréciera probablement cette mise en valeur et puis cela le sensibilisera à son propre sens du beau… Non ? 🙂

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Moe 15 avril 2017 - 11 h 10 min

Oui c’est une solution la numérisation mais je trouve ça trop facile car c’est aussi vite le bazar dans les dossiers. Par contre en choisir pour les accrocher est une bonne idée, mais j’attends que mon fils que sa propre chambre pour ça

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Caroline 3 avril 2017 - 16 h 58 min

Bonjour ! Et bien ça ! je ne m’attendais à recevoir une petite lewsletter de derrière les fagots ! Que t’arrive-t-il ? ta blogosphère te manquerait-elle ? tu as retrouvé force et énergie, et du temps aussi ? quelles sont tes nouvelles motivations ? En tout cas, heureuse de te lire à nouveau. 😉

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Moe 4 avril 2017 - 9 h 46 min

Salut Caroline ! J’ai eu trois mois pour me reposer et me ressourcer après des lectures très inspirantes. Il y a eu une naissance aussi qui m’a redonné envie d’écrire ! Et la motivation pour contribuer à un avenir meilleur pour nous et notre planète 🙂

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danielle 3 avril 2017 - 17 h 27 min

Retour printanier, accueilli avec plaisir.
danielle

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Moe 4 avril 2017 - 10 h 00 min

Merci Danièle !

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mayanne 3 avril 2017 - 20 h 23 min

Bonjour Moe,
A la suite d un licenciement, j’ai dû m adapter à un nouveau train de vie et à une nouvelle façon de consommer, remplacer le futile par l utile !!! Depuis cet événement, ma vie est bien plus zen, j ai retrouvé des vraies valeurs (donner plus a ceux qui en ont besoin, cuisiner sainement, coudre, bricoler).
Je me suis séparée d’objets qui m’encombraient la vie et l’esprit, depuis, moins de ménage et plus de jeux avec ma fille de 5 ans(atelier cuisine, peinture et grande ballades en pleine nature).
Je vis plus modestement mais mon coeur est mille fois plus riche qu’avant.
Amicalement.
Mayanne

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Moe 4 avril 2017 - 10 h 05 min

Très beau témoignage. Coudre, bricoler, cuisiner… la simplicité, c’est ça… les expériences, les actions et non les possessions. Aujourd’hui, on a remplacé les opérations simples de la vie quotidienne par des actes d’achat. On achète au lieu de faire. Heureusement, on peut sortir de cette logique, même si c’est difficile à première vue. A bientôt !

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Anne-Laure 3 avril 2017 - 20 h 38 min

Ça fait plusieurs années que j’ai le livre  » l’art de la simplicité de Dominique Loreau.. J’ai mis plusieurs années à convaincre mon mari de se désencombrer! Notre déménagement en Charente Maritime en a été l’occasion. Comme j’ai un appartement et mon mari une maison les 2 à 80 km on a pu dédoubler les affaires faire revivre celles qui dormaient.
J’ai changé la Déco en appliquant le principe de réunir l’utile et le beau et que ce dont j’ai besoin et rien de plus. Et aérer l espace! Surtout on a moins de ménage à faire!

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Moe 4 avril 2017 - 10 h 06 min

Oui, c’est en déménageant qu’on se rend compte à quel point on est surchargés ! Contente que ton mari t’a suivi dans ta démarche !

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lucile 5 avril 2017 - 6 h 29 min

Un bel article pour ton retour.
J’ai grandis à la campagne et tout comme toi, je passais tous mes après-midi à fabriquer des cabanes avec mon frère et ma voisine. Il y avait un petit bois au-dessus de chez nous ou nous passions nos weekends.
On récupérait des morceaux de laine pour attacher les branches entres- elles (oui on ne voulait surtout pas faire du mal aux arbres), on avait une créativité débordante et des histoires de pirate pleins la tête.
Je nous revois dévaler le chemin en courant les genoux pleins de terre, à l’heure du goûter, un vrai bonheur.
Mon enfance a sans nul doute guidé mon choix d’une vie minimaliste mais si je devais décortiquer tout mon cheminement je pourrais en écrire des pages (et pourquoi pas tiens !) .
Merci de m’avoir fait revivre ces souvenirs.
Lucile

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Moe 6 avril 2017 - 11 h 35 min

Nous partageons les mêmes souvenirs ! Avant on n’avait pas la possibilité de les prendre en photo (moins souvent qu’aujourd’hui), alors je crois qu’elles nous paraissent plus belles à imaginer dans nos têtes.

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Green Gazelle 6 avril 2017 - 11 h 35 min

Très contente de ton retour; j’avais découvert (et remonté) ton blog peu avant ta pause. Comme beaucoup, je suis une apprentie minimaliste… je suis surtout en phase de désencombrement et réalise mon 2 mois de minsgame. Du coup, moi qui pensais ne pas être accumulatrice, j’ai quand même du admettre que j’étais une collectionneuse. Non mais, j’ai découvert que j’avais plus d’une centaine d’échantillons et quasiment 25 kg de magazines!!!! OMG..
La semaine dernière, j’ai déposé un coffre plein d’objets divers chez Emmaüs…. quel bien, on ressent!
Je commence à me dire que je déménagerais dans quelques mois, une fois que j’aurais bien avancé.
En fait s’alléger matériellement permet aussi et surtout de s’alléger la tête. quel plaisir!

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Lucille 6 avril 2017 - 23 h 36 min

Quel plaisir de te lire à nouveau! je suis d’autant plus contente que ton blog semble prendre une direction que j’aime beaucoup! félicitations pour la naissance de ton deuxième enfant!!! Lucille

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NALEXANDRE 7 avril 2017 - 22 h 17 min

Ravie de te lire à nouveau. Et dire que je n’étais même pas sûre de trouver le site actif! Voila une belle surprise de fin de semaine;)
Merci!

SmartHomeServices

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Emi 1 juin 2017 - 12 h 01 min

C’est la même chose pour moi, je suis ravie que tu ais repris l’écriture! je te suis depuis un an environ. je voulais retrouver un article que tu avais écris ce matin (en espérant que le blog soit toujours ouvert) et BIM! te revoilà! 🙂 C’est avec ton blog que j’ai découvert le minimalisme et depuis j’essaie d’approfondir. Mais ça n’avance pas vite et tes articles sont les bienvenus!!!

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Moe 20 juin 2017 - 10 h 19 min

C’est gentil !

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nanoR 14 janvier 2018 - 17 h 12 min

Moi perso pendant ma dépression, et depuis j’adore te lire!
J’habite encore chez mes parents mais je rêve de vivre libre dans une tiny-house, dans une forêt ou une prairie en auto_suffisance, et, par dessus tout, minimaliste!
Je ne sais pas si tu connais les hamac à la place des lits mais c’est à la fois une déco intérieure, c’es plus confortable que le lit ( perso je trouve!) et ça prend moins de place!!!
Ne change rien, continue comme ça!!!!

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